Heures supplémentaires, le calcul des majorations 25 et 50 %
Par Christophe Cohen · publié le 24 septembre 2026
La semaine a débordé, le compteur affiche 41 heures, et la fiche de paie du mois prochain devrait s’en souvenir. Encore faut-il savoir compter ce que la loi impose, car entre le seuil des 35 heures, les deux taux de majoration et le décompte à la semaine, les erreurs sont fréquentes, rarement en faveur du salarié.
Comment se calculent les heures supplémentaires ?
La réponse courte : le décompte est hebdomadaire, au-delà de 35 heures. Les 8 premières heures supplémentaires, de la 36e à la 43e, sont majorées d’au moins 25 %, les suivantes d’au moins 50 %. Un taux horaire de 12 € donne donc 15 € l’heure jusqu’à la 43e, puis 18 €. Un accord collectif peut fixer d’autres taux, jamais en dessous de 10 %.
Le seuil de déclenchement est la durée légale, 35 heures par semaine, et non l’horaire du contrat. Le décompte court du lundi 0 heure au dimanche 24 heures, sauf accord différent, et chaque semaine se juge isolément.
Les deux paliers structurent tout le calcul. Huit heures au premier taux, l’infini au second, et la 44e heure d’une même semaine vaut déjà une fois et demie l’heure normale.
Trois exemples chiffrés, du cas simple au gros mois
Cas d’école d’abord. Un salarié à 12 € de l’heure boucle une semaine de 40 heures. Ses 5 heures supplémentaires relèvent toutes du taux de 25 %, soit 5 × 15 € = 75 € brut de plus.
Cas complet ensuite. Une semaine de 46 heures génère 11 heures supplémentaires, 8 à 25 % et 3 à 50 %. Au même taux horaire, 8 × 15 + 3 × 18 = 120 + 54 = 174 € brut. Le glissement de taux à la 44e heure pèse vite.
Cas du salaire mensualisé enfin. Un salaire de 2 000 € pour 151,67 heures donne un taux horaire de 13,19 €, et l’heure à 25 % vaut 16,48 €. Or le passage au net réserve ici une bonne surprise, car les heures supplémentaires bénéficient d’une réduction de cotisations salariales et d’une exonération d’impôt sur le revenu dans une limite annuelle, ce qui les rend plus rentables que les heures ordinaires converties selon notre guide brut en net.
Les pièges du décompte, là où les compteurs s’égarent
Le lissage mensuel est l’erreur la plus répandue. Une semaine à 40 heures suivie d’une semaine à 30 génère 5 heures majorées, même si le mois retombe pile sur la moyenne, la règle étant hebdomadaire sans compensation entre semaines. Seul un accord d’aménagement du temps de travail peut lisser sur une période plus longue.
Les absences jouent leur propre partition. Les congés et jours fériés ne comptent généralement pas comme temps de travail effectif pour le déclenchement des majorations, et une semaine avec un férié chômé repousse d’autant le seuil. À l’inverse, certains temps comptent et s’oublient, formations obligatoires, déplacements inhabituels selon les cas.
La conversion des minutes fait les dernières erreurs. Un compteur qui affiche 39 h 45 se convertit en 39,75 heures pour le calcul, et notre article sur les minutes en centièmes évite le classique 39,45 qui vole 18 minutes.
Contingent, repos et fiche de paie
Le contingent encadre le volume annuel. Fixé à 220 heures par an et par salarié à défaut d’accord, il déclenche au-delà une contrepartie obligatoire en repos. Le paiement lui-même peut d’ailleurs être remplacé par du repos compensateur équivalent majoré si un accord le prévoit, une heure à 25 % donnant 1 h 15 de récupération.
La vérification sur la fiche de paie ferme la boucle. Les heures majorées doivent y apparaître distinctement avec leur taux, et le total se recalcule en deux minutes avec les formules ci-dessus, simple affaire de pourcentages appliqués. Les heures supplémentaires comptent parmi les rares lignes de paie qui se négocient à la semaine près, et ceux qui savent les compter constatent une chose, les compteurs ronds tombent rarement juste par hasard.
Vos questions
Comment calculer les heures supplémentaires ?
Le décompte se fait par semaine, au-delà de 35 heures : les 8 premières heures supplémentaires (de la 36e à la 43e) sont majorées d'au moins 25 %, les suivantes d'au moins 50 %. Un taux horaire de 12 € donne 15 € l'heure majorée à 25 % et 18 € à 50 %. Un accord d'entreprise peut fixer d'autres taux, avec un plancher de 10 %.
Combien rapporte une heure supplémentaire à 25 % ?
Le taux horaire multiplié par 1,25 : pour un salaire de 2 000 € sur 151,67 heures, le taux horaire vaut 13,19 €, et l'heure majorée à 25 % rapporte 16,48 € brut. Les heures supplémentaires bénéficient en plus d'une réduction de cotisations et d'une exonération d'impôt sur le revenu dans une limite annuelle.
Les heures supplémentaires se comptent-elles au mois ?
Non, la règle est hebdomadaire : c'est chaque semaine, prise isolément, qui déclenche les majorations au-delà de 35 heures. Une semaine à 40 heures suivie d'une semaine à 30 génère 5 heures majorées, même si le mois retombe sur la moyenne. Seuls les accords d'aménagement du temps de travail peuvent lisser sur une période plus longue.
Peut-on remplacer le paiement par du repos ?
Oui, le repos compensateur de remplacement peut se substituer au paiement si un accord le prévoit, à durée équivalente majorée : une heure à 25 % donne 1 h 15 de repos. S'y ajoute la contrepartie obligatoire en repos quand le contingent annuel, 220 heures par défaut, est dépassé.