Calculer l'empreinte carbone d'un trajet, train, voiture ou avion

Par Christophe Cohen · publié le 2 octobre 2026

Calculer l'empreinte carbone d'un trajet, train, voiture ou avion : illustration

Le même Paris-Marseille peut peser 2 kilos ou 130 kilos de CO2 selon le siège choisi, un rapport de un à soixante-cinq pour les mêmes 750 kilomètres. L’empreinte carbone d’un trajet est devenue un critère de choix réel, dans les entreprises comme dans les familles, et son calcul, longtemps réservé aux spécialistes, tient en une multiplication et un tableau de facteurs. Chiffres en main, car ils surprennent dans les deux sens.

Comment se calcule l’empreinte carbone d’un trajet ?

La réponse courte : distance × facteur d’émission du mode de transport, en grammes de CO2 équivalent par kilomètre et par personne. Les ordres de grandeur français, environ 2 g/km pour le TGV, 30 g pour l’autocar, 25 à 30 g pour le TER, autour de 165 g pour la moto, 190 à 220 g pour la voiture thermique seule, à diviser par les occupants, 230 à 260 g pour l’avion court-courrier. Un Paris-Marseille donne ainsi 2 kg en TGV, environ 150 kg en voiture seule, autour de 160 kg en avion.

La hiérarchie française a sa particularité, qui explique l’écart spectaculaire du train. Le TGV et la plupart des lignes électrifiées roulent à l’électricité très largement décarbonée du réseau français, d’où des émissions par voyageur presque symboliques, 2 à 3 g par kilomètre, cinquante à cent fois moins que la route et l’air. Les facteurs officiels, mode par mode et à jour, sont publiés par le calculateur public Impact CO2, l’outil de référence de l’agence de la transition écologique, qui fait le calcul à la ville près et par mode, c’est la source à utiliser pour les cas réels.

La voiture mérite son mode d’emploi, car elle émet par véhicule et non par passager, et tout se joue au remplissage. Les 190 à 220 g par kilomètre d’une thermique moyenne se divisent par les occupants, le conducteur seul assume tout et rejoint l’avion, à deux on tombe vers 100 g chacun, à quatre vers 50 g, à l’approche de l’autocar, et le covoiturage devient ainsi le levier qui bouscule la hiérarchie. La consommation réelle du véhicule affine le calcul, notre dossier carburant donne la méthode, chaque litre d’essence brûlé émettant environ 2,3 kg de CO2, un plein de 50 litres pesant ainsi ses 115 kg.

L’avion, les ordres de grandeur, et l’usage du calcul

L’avion cumule deux particularités. Ses émissions par passager, 230 à 260 g par kilomètre en court et moyen-courrier, un peu moins en long-courrier rempli, et ses effets hors CO2, traînées de condensation et oxydes d’azote émis en altitude, qui augmentent sensiblement son impact climatique réel, les scientifiques recommandant de compter large. L’ordre de grandeur à retenir, un aller-retour Paris-New York représente environ une tonne de CO2 équivalent par passager, soit, en un voyage, la moitié de l’objectif climatique d’environ 2 tonnes par personne et par an, et c’est ce chiffre-là qui a fait entrer le calcul carbone dans les politiques de déplacement des entreprises.

L’usage pratique du calcul tient en trois réflexes. Comparer avant de réserver, le site public précité donnant le match train-voiture-avion en dix secondes pour tout trajet. Compter en passagers réels pour la voiture, le même monospace étant un bon ou un mauvais choix selon qu’il part plein ou vide. Et raisonner en ordres de grandeur annuels plutôt qu’en culpabilité au gramme, un quotidien en train et covoiturage absorbe sans drame l’exception nécessaire, quand la routine en solo au volant pèse plus lourd qu’aucun voyage. Les kilomètres se pèsent désormais comme ils se chronomètrent, temps de trajet et empreinte faisant partie du même tableau de bord, et le réflexe du calcul, une fois pris, change les réservations plus sûrement que tous les discours.

Vos questions

Comment calcule-t-on l'empreinte carbone d'un trajet ?

En multipliant la distance par le facteur d'émission du mode de transport, exprimé en grammes de CO2 équivalent par kilomètre et par personne : environ 2 g pour le TGV, 25 à 30 g pour le TER et l'autocar longue distance autour de 30 g, 190 à 220 g pour une voiture thermique seule à diviser par le nombre de passagers, et 230 à 260 g pour l'avion court et moyen-courrier. Les calculateurs publics comme Impact CO2 font le calcul à la ville près.

Pourquoi le train émet-il si peu en France ?

Parce qu'il roule à l'électricité, et que l'électricité française est très largement décarbonée : le TGV descend autour de 2 g de CO2 par voyageur-kilomètre, soit cinquante à cent fois moins que la voiture thermique ou l'avion. Un Paris-Marseille en TGV représente environ 2 kg de CO2 par personne, contre une centaine en voiture seule.

La voiture est-elle toujours pire que l'avion ?

Non, tout dépend du remplissage : la voiture émet par véhicule, l'avion par passager. Une voiture thermique avec 4 personnes à bord descend autour de 50 g par personne et par km, nettement sous l'avion ; le conducteur seul reste au niveau de l'avion, parfois au-dessus. Le covoiturage est le levier qui change la hiérarchie.

Que représente un aller-retour Paris-New York en CO2 ?

De l'ordre d'une tonne de CO2 équivalent par passager, davantage en comptant les effets hors CO2 de la haute altitude, traînées et oxydes d'azote, qui augmentent sensiblement l'impact climatique réel de l'avion. C'est l'équivalent de ce que représente l'objectif climatique annuel complet par personne, en un seul voyage.

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