Éclairage en automne, le calcul du coût des lampes allumées deux heures de plus
Par Christophe Cohen · publié le 15 octobre 2026
La nuit tombe désormais avant le dîner, et les interrupteurs travaillent deux heures de plus chaque jour. Beaucoup regardent leurs lampes s’allumer à 19 heures avec une pointe d’inquiétude budgétaire. Le calcul mérite d’être posé, car sa réponse surprend : l’éclairage d’automne est l’un des rares postes de la saison qui ne coûte presque rien. Sauf un cas, identifiable en dix secondes.
Le tableau des deux heures de plus, par type d’ampoule
| Éclairage concerné | 2 h de plus par jour | Sur un mois | Sur la saison sombre (6 mois) |
|---|---|---|---|
| 1 LED de 9 W | 18 Wh/jour | ~0,11 € | ~0,65 € |
| Pièce à vivre en LED (5 points, 45 W) | 90 Wh/jour | ~0,54 € | ~3,25 € |
| 1 lampadaire halogène 230 W | 460 Wh/jour | ~2,76 € | ~16,60 € |
| Logement resté en halogène (500 W) | 1 kWh/jour | ~6 € | ~36 € |
Le calcul d’abord, car il tient sur un ticket de métro. Une LED courante de 9 watts, l’équivalent de l’ancienne 60 watts, consomme 0,009 kWh par heure. Au tarif réglementé en vigueur, 0,2001 € le kWh depuis le 1er août, l’heure de LED coûte donc 0,2 centime. Les deux heures d’éclairage que l’automne ajoute chaque soir reviennent à 0,4 centime par ampoule, une dizaine de centimes par mois. Même un salon généreusement équipé, cinq points lumineux allumés ensemble, n’ajoute qu’un demi-euro mensuel. La saison sombre entière, d’octobre à mars, se solde en pièces jaunes. Le mode d’emploi du kWh permet de refaire le calcul pour chaque lampe de la maison.
L’explication tient en une révolution silencieuse : la LED a divisé la note par dix. L’ampoule à incandescence, retirée de la vente depuis 2013, transformait l’essentiel de son électricité en chaleur, 60 watts pour éclairer comme une LED de 9. L’halogène, sa cousine à peine plus sobre, a suivi le même chemin en 2018. Résultat : l’éclairage, jadis poste visible des factures, pèse aujourd’hui autour de 5 % de la consommation électrique d’un foyer hors chauffage, derrière le froid, le lavage, les écrans. L’automne peut allonger les soirées, il n’allonge presque plus la facture.
Le cas qui change tout se repère en dix secondes : les halogènes survivantes. Lampadaires sur variateur, spots encastrés d’avant 2018, lampes d’appoint héritées, ces points-là consomment 5 à 10 fois leur équivalent LED, et le tableau le montre, un seul lampadaire de 230 watts coûte à lui seul plus que tout le reste de l’éclairage réuni. Deux heures de plus par jour, et voilà 2,76 € mensuels pour un seul pied de lampe, 16 € sur la saison. Le remplacement par une LED équivalente, une dizaine d’euros, se rembourse donc en quelques mois d’automne, après quoi il rapporte. C’est l’un des rares investissements énergie à amortissement quasi immédiat.
Le vrai poste de la saison, et l’ordre des priorités
Ce calcul rassurant a une morale, et elle est budgétaire : l’inquiétude du soir se trompe d’interrupteur. Les deux heures de lampes coûtent des centimes ; le degré de chauffage en trop, lui, se chiffre en dizaines d’euros sur la saison, le calcul est ici, et le sèche-linge ou le bois acheté sans conversion pèsent chacun plus lourd que toutes les ampoules de la maison. L’ordre des priorités d’automne s’écrit tout seul : chauffage d’abord, appareils chauffants ensuite, éclairage en dernier.
Restent les bons réflexes, gratuits et vite comptés : éteindre les pièces vides, toujours gagnant ; traquer les halogènes résiduelles, seul vrai gisement ; et acheter ses LED au lumen plutôt qu’au watt, 800 lumens pour une lecture confortable, 400 pour une ambiance. Après quoi la lumière peut s’allumer à 19 heures sans remords : l’automne facture la nuit qui tombe, mais au tarif LED, la nuit n’a jamais coûté si peu.
Vos questions
Combien coûte une ampoule LED allumée une heure ?
Presque rien, et c'est le chiffre clé de l'automne : une LED de 9 watts consomme 0,009 kWh par heure, soit environ 0,2 centime au tarif réglementé de 0,2001 €/kWh. Une soirée entière à 5 lampes coûte ainsi 2 à 3 centimes. Même allumée 6 heures par jour tout l'hiver, une LED ne dépasse pas quelques euros à l'année.
L'éclairage pèse-t-il lourd sur une facture d'électricité ?
Non, plus maintenant : depuis la généralisation des LED, l'éclairage représente autour de 5 % de la consommation électrique d'un foyer hors chauffage, loin derrière le froid, le lavage et les écrans. C'était très différent à l'époque des ampoules à incandescence, dix fois plus gourmandes, retirées de la vente depuis 2013, les halogènes ayant suivi en 2018.
Comment réduire quand même la facture d'éclairage ?
Trois gestes couvrent l'essentiel : remplacer les dernières halogènes qui traînent dans les lampadaires et les spots, elles consomment 5 à 10 fois plus qu'une LED équivalente ; éteindre les pièces vides, le réflexe restant le meilleur gratuit ; et choisir des LED au bon lumen plutôt qu'au watt, 800 lumens suffisant à une lampe de lecture. Le reste est du détail.