Calculer son taux d'alcoolémie, la formule et le tableau des verres
Par Christophe Cohen · publié le 4 octobre 2026
C’est le calcul du samedi soir, et le plus mal fait de tous. Entre le verre de trop, les légendes du café salvateur et les surprises du lendemain matin, le taux d’alcoolémie mérite ses vraies formules. Les vraies formules suivent, tableau compris, avec les marges d’erreur qui imposent la prudence.
Comment se calcule le taux d’alcoolémie ?
La formule de référence est celle de Widmark. Taux = alcool ingéré en grammes ÷ (poids en kg × coefficient). Le coefficient de diffusion vaut 0,7 pour un homme et 0,6 pour une femme. Un verre standard servi au bar, ballon de vin, demi de bière, dose de spiritueux, contient environ 10 g d’alcool pur.
L’exemple type se pose en une ligne. Un homme de 75 kg boit deux verres. Calcul, 20 ÷ (75 × 0,7) = 0,38 g/L au pic. Une femme de 60 kg avec les mêmes deux verres, 20 ÷ (60 × 0,6) = 0,56 g/L. Déjà au-dessus de la limite. Le tableau des ordres de grandeur au pic :
| Verres standard | Homme 75 kg | Femme 60 kg |
|---|---|---|
| 1 verre | 0,19 g/L | 0,28 g/L |
| 2 verres | 0,38 g/L | 0,56 g/L |
| 3 verres | 0,57 g/L | 0,83 g/L |
| 4 verres | 0,76 g/L | 1,11 g/L |
La lecture s’impose d’elle-même. Deux verres suffisent à franchir 0,5 g/L pour beaucoup de profils. Les limites légales, 0,5 g/L en général, 0,2 g/L pour les jeunes conducteurs, soit zéro verre en pratique. Les repères et sanctions sont détaillés sur le site de la Sécurité routière.
Les variables qui changent tout, et l’élimination
La formule donne un pic théorique, et quatre variables le déplacent. Le délai d’abord, le pic arrive 30 minutes à 1 heure après ingestion, 15 minutes à jeun. Le repas ensuite, qui ralentit l’absorption sans réduire le total. La corpulence et le sexe, intégrés au coefficient. Et le dosage réel des verres maison, souvent double du verre standard. Un gin tonic de salon vaut fréquemment deux unités.
L’élimination, elle, ne se négocie pas. Le foie traite environ 0,10 à 0,15 g/L par heure, et rien ne l’accélère. Ni café, ni douche froide, ni sport, les trois légendes les plus tenaces du dossier. Une soirée finie à 1,2 g/L demande donc 8 à 10 heures pour revenir à zéro. C’est l’arithmétique des contrôles du lendemain matin, l’alcool de 2 heures circule encore à 8 heures. Elle explique aussi les nuits détruites par l’alcool, le foie travaillant pendant que le sommeil se fragmente.
Reste la conclusion que la formule impose. Widmark donne des moyennes, et les écarts individuels sont réels, fatigue, médicaments, tolérance. Le calcul sert donc à une seule chose, comprendre les ordres de grandeur avant la soirée. Après la soirée, seul l’éthylotest répond, et dans le doute, la réponse était déjà connue avant le premier verre. Celui qui conduit ne calcule pas, il ne boit pas.
Vos questions
Comment calcule-t-on un taux d'alcoolémie ?
Par la formule de Widmark. Alcool ingéré en grammes, divisé par le poids multiplié par un coefficient de diffusion, 0,7 pour un homme, 0,6 pour une femme. Un verre standard contient environ 10 g d'alcool. Deux verres pour un homme de 75 kg donnent 20 ÷ (75 × 0,7), soit environ 0,38 g/L. Le pic arrive 30 minutes à 1 heure après ingestion.
Combien de temps pour éliminer l'alcool ?
Le foie élimine environ 0,10 à 0,15 g/L par heure, et rien ne l'accélère. Ni café, ni douche, ni sport. Une soirée à 1,2 g/L demande environ 8 à 10 heures pour revenir à zéro. D'où les contrôles positifs du lendemain matin, l'alcool de 2 heures du matin circulant encore à 8 heures.
Combien de verres pour rester sous 0,5 g/L ?
Les repères prudents, deux verres standard maximum pour un homme de corpulence moyenne, un seul pour une femme ou un gabarit léger, à jeun comptez moins. Les jeunes conducteurs sont à 0,2 g/L, autant dire zéro verre. Ces repères restent des moyennes, la seule certitude vient de l'éthylotest.